K arakoro — Dans la sous-préfecture de Karakoro, une nouvelle approche agricole émerge et transforme le quotidien des planteurs de coton. Loin de se limiter à la monoculture, les agriculteurs de cette région associent désormais la production cotonnière à la culture de denrées alimentaires, créant ainsi une synergie bénéfique pour leurs revenus et leur sécurité alimentaire. Silué Dolourou, planteur de 46 ans installé à Kpokaha, un village de la sous-préfecture, incarne cette nouvelle dynamique. Sous le soleil intense de la région, il cultive son champ de coton tout en intégrant progressivement des cultures vivrières entre les rangées de cotonnier. Cette pratique, autrefois marginale, gagne du terrain parmi les agriculteurs locaux qui y voient une opportunité de diversifier leurs sources de revenus et de garantir l'alimentation de leurs familles. La région de Karakoro, traditionnellement connue pour sa production cotonnière, redécouvre ainsi les avantages d'une agriculture plus diversifiée. Cette approche répond à deux enjeux majeurs : maintenir la productivité du coton, culture de rente génératrice de revenus, tout en assurant l'autosuffisance alimentaire des ménages agricoles. Les planteurs locaux expliquent que cette combinaison leur permet de maximiser l'utilisation de leurs terres et de réduire les risques liés à la dépendance d'une seule culture. Les cultures vivrières, moins exigeantes en espace lorsqu'elles sont intercalées avec le coton, viennent compléter les revenus tout en fournissant une nourriture régulière aux familles. Cette initiative témoigne d'une évolution des pratiques agricoles en Côte d'Ivoire, où les paysans cherchent à concilier l'économie de plantation avec les besoins vitaux de subsistance. À Karakoro, le modèle semble porter ses fruits et pourrait inspirer d'autres régions cotonnières du pays en quête de durabilité agricole et de résilience économique.